samedi 2 juin 2007

Amis de la poésie, bonsoir !

(Et passez votre chemin car je doute que ce billet soit à votre gout ^^ )

Bonsoir public !

Ce soir, autant te prévenir tout de suite : la plume de la distinction sera trempée dans l'encre de la grande classe.

Je reviens donc de Province, envoyé 2 jours en mission commando -commandée, pardon- par mon client.

Ma mission (puisque j'avais accepté d'être désigné volontaire d'office sur la base du fait que je ne pouvais pas dire "non" à une question qui de doute façon ne m'avais pas été posée) consistait à aller étudier de prêt une nouvelle application dont mon équipe fera le support prochainement et en revenir capable de former mes techniciens aux petits oignons pour répondre au mieux aux sollicitations de nos utilisateurs.

En clair, on va se faire chier avec une merde de plus et je suis chargé de veiller à ce qu'on le fasse bien.

Cette nouvelle application, le client me l'avait présenté comme étant très complexe, comme un projet très ambitieux, presque comme mon arrêt de mort si je me loupais là dessus.

Grosse pression du client, donc.

- Eux : Oui parce que vous comprenez, c'est tres important ! Et justement, nous estimons qu'un seul technicien en formation, excusez nous, mais c'est loin d'être suffisant !
- Nous : Nous comprenons bien, c'est pour ça que nous envoyons Sébastien (moi) qui est capable d'appréhender de nouvelles applications et de capitaliser les données en vu d'assurer des formations en interne ! (Dixit ma chef ^^)
- Eux : Et moi je vous assure qu'une personne ce n'est pas suffisant ! Nous ne pouvons pas nous permettre de nous rater sur cette application et pour avoir nous même pu juger de sa complexité, nous insistons pour qu'il soit deux ! ("qu'ils soient deux", dans l'esprit c'était pareil)
- Nous : Certes, mais cela représente un cout qui ne rentre pas dans notre budget (1ere couche de vaseline), nous sommes d'accord pour envoyer une seconde personne avec Sébastien (coït anal imminent) mais il faudra que vous participiez aux frais occasionnés par cette formation ! (Top ! Début de la sodomie)
- Eux : ... Ha ? (Début d'irritation)
- Nous : Ben oui. (Seconde couche de vaseline)

Nous en étions restés là quand, la veille de la formation (mercredi, vers 16.15) nous apprenons que le client a capitulé.

"Ok, on lâche les thunes pour la formation"

Seul problème. Trouver parmi la poignée de techniciens qui étaient encore présents dans nos locaux un gars disponible au pied levé pour prendre l'avion le lendemain matin à l'aube afin de passer 2 jours en Province en laissant derrière lui ordinateur(s), femme(s), enfant(s) et jeu(x) en ligne.

Pour le coup, on avait changé de position : c'est le client qui avait son bazar à la main et qui nous huilait la rondelle à grands coups de lubrifiant. Et avec le sourire. (Le client, pas nous.)

Mais miracle, un tech se propose ! Son frère résidant justement sur place, il était ravi d'être de l'aventure. Je règle les derniers détails avec lui.

Moi : Ok, je serais à Orly pour 05.30 (décollage prévu à 06.20), le premier arrivé appelle l'autre.
Lui : Ok.

Donc, le lendemain à 05.30, je sors du taxi, je pénètre dans l'aéroport (non, j'ai pas dis "je pénètre dans la raie au porc" bande de pervers !) et je cherche mon collègue. Pas là.

Je l'appelle.

Moi : Salut, c'est Seb ! T'es où ?
Lui : ...
Moi : ... Allo ?
Lui : ... Ouais ?
Moi : C'est Seb, t'es où ?
Lui : ... Qu'est ce que tu fais, là...
Moi : ???? Tu m'entends ?
Lui : ...
Moi : (putain, je le réveille O_o ) C'est Seb, t'es où ?! (Pourvu qu'il me dise pas "dans mon lit"...)
Lui : ... Heu... Chez moi.
Moi : .... Tu sais qu'on à un avion à prendre ? L'enregistrement se termine dans 30 minutes, il te faut combien de temps pour venir ?
Lui : ... Je sais pas...
Moi : Arf !

Cerise sur le gâteau, il n'avait pas réservé de taxi. Je sentais déjà le souffle chaud du client dans ma nuque O_o

Bref, il en commande un pendant que je me dirige vers l'enregistrement et me recontacte dans la foulée pour m'annoncer que le taxi se pointera en bas de chez lui à 06.15. Ce qui lui laissera 5 minutes pour traverser la moitié de sa banlieue et une bonne partie du 92.

Si c'est pas Samy Naceri qui est au volant, c'est mort....

Et c'etait pas Samy. Son taxi l'a rappelé pour lui dire qu'il arriverait encore + tard que prévu. J'ai du reveiller ma chef alors que je grimpais dans l'avion pour qu'elle puisse lui trouver une place dans le premier vol possible...

Me concernant, décollage et atterrissage sans problème. Et sans hôtesses. Que des Stewards avec le commandant de bord. Je ne savais pas qu'Air France faisait des vols unisexes...

J'arrive sur le lieu de ma formation avec quelques infos de mon tech sous le bras. Il a une place sur l'avion de 09.20 et doit arriver à 10.30.

Le client me voit -seul- et me fait part de son étonnement avec son pot de vaseline à la main.

Lui : Vous êtes tout seul ?
Moi : Non, je suis Sébastien ! (Lui non plus, ça l'a pas fait rire.)

Comme je suis un très bon menteur, je lui explique que c'est ce salaud de taxi* qui était passé prendre mon tech à la bourre et qu'il avait donc raté son avion, qu'il avait fallu qu'on lui trouve un autre vol, etc...

A 10.37, il m'appelle.

Lui : Seb ?
Moi : Voui, t'es où ? (Pourvu qu'il me dise pas "A Paris"...)
Lui : A Paris.
Moi : ....
Lui : J'ai eu un p'tit problème, j'ai fais un malaise dans l'avion, il a fallu que je sorte....

En fait, il m'a avoué avoir eu une expérience traumatisante il y a 20 ans dans un avion.

Je lui ai demandé pourquoi il nous avait pas dis ça plus tôt... Comme ça faisait longtemps, il pensait que ça irait... Raté. Bref.

Comment j'allais justifier ça au client, moi ? "Heu, alors ce matin en fait, il s'est pas réveillé du tout et puis là il a eu peur alors il est pas venu, il est redescendu de l'avion !"

Comme je suis un très très bon menteur, j'explique au client qu'à cause de ce salaud de taxi** qui était passé prendre mon tech à la bourre et qui lui avait donc fait raté son avion, qu'il avait fallu qu'on lui trouve un autre vol en catastrophe, il avait fait une petite crise de nerfs dans l'avion à cause du stress et qu'il avait été débarqué par le personnel avant le décollage...

Plus c'est gros, mieux c'est. (Sauf pour le coït anal mais c'est un autre débat.)

*/**Je traite les taxis de salôs mais bien entendu, je n'en pense pas un mot ! (Sauf les 14 qui ont refusés de me prendre à Orly parce que je voulais payer en carte bleue.) Ceux que j'ai eu jeudi matin et -non sans mal, donc- vendredi soir etaient vraiment très sympas.

Au final, c'est Sylvain (héros malgré lui de mon billet "Sylvain, si tu me regardes") qui m'a rejoint vers 17.00, à la fin de la formation. Nous avons récupéré les clés de nos chambres d'hôtel puis direction un bar sympa pour lui faire un topo complet de la journée.

4 apéritifs et 2 heures plus tard, nous avons mis le cap vers un bon p'tit resto avant de finir la soirée devant un dernier verre, dans un pub blindé de jeunes avec de la bonne musique plein les enceintes. Et tout ça en notes de frais, magnifique ! La soirée fut très sympa ^^

Puis les filles du coin sont marrantes ! Surtout bourrées ! Enfin, quand je dis "bourrées".... Façon de parler. De boire, surtout.

Pour la petite histoire, la 2e journée de formation s'est très bien passée, finissant 1 heure 1/2 plus tôt que prévue. Puis cette fameuse application, pas de quoi fouetter un chat... Plus de peur que de mal.

En parlant de peur justement, mon collègue -le premier, le maillon faible- s’est bien remit de ses émotions, ne t'inquiète pas ! Si je me moque (gentiment) de lui, c'est que tout va bien ;-)

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