samedi 21 juillet 2007

L'Amour s'écrit avec un Aime et sans Haine

Bonsoir lecteur, trice, s.

Parlons des homosexuels. Parce que j'en ai fréquenté, que j'en fréquente et que je serais amené à en fréquenter encore. Puis parce que dans "ceux là", j'ai ou bien j'ai eu de la famille, des amis, des collègues.

Je ne suis pas homosexuel. C'est une notion qui ne se pose pas à moi comme un barème sur lequel établir une amitié, une rencontre, une histoire. On nait, on devient, on se découvre homo, gay, lesbienne, quel que soit le terme. Je crois surtout qu'on découvre la voie de son bonheur à travers sa sexualité aussi, quel qu'en soit le versant.

Et qu'on a affaire au vrai regard des gens quand c'est "exposé publiquement".

Alors, quand certains se permettent de haïr des gens qui s'aiment, simplement parce qu'ils sont du même sexe et qu'ils s'aiment, ça me fait mal pour eux parce que la liberté d'aimer, pour moi c'est sacré. L'amour n'a ni sexe, ni âge, ni religion, ni frontières. Il ne devrait pas y avoir de freins ou de limites à ça.

Si je devais avoir un enfant gay, accepter son amour sans le juger sera déjà une preuve d'amour et de respect. On doit aimer ses enfants, les respecter. Les écouter et comprendre "leurs différences" si l'on doit appeler ça ainsi.

Laissez-moi-vous parler de Didier. Ancien collègue devenu ami, puis plus que ça, presque un membre de la famille.

Un jour, il claque sa démission pour monter une affaire avec un associé, reprendre un restaurant et devenir son propre patron. Ceci fait, alors que j'allais le visiter, je dis à mon ex-femme dans la voiture alors que nous faisions la route vers lui :

- Tu sais, je me demande si Didier est gay.
- Ha bon ?
- Yep.
- Pourquoi ?
- Ben... Jamais vu avec une fille, puis son associé, ces derniers temps, quand on en parle par téléphone, j'ai le sentiment que pour lui, c'est plus qu'un simple associé...
- Ha bon ? (pas bavarde, par moment, mon ex-femme...)
- Yep. Bah, de toute façon, on sera bientôt fixés, on est presque arrivés. Puis après tout, je m'en fous.

Effectivement, Didier était gay. Il nous présenta son compagnon, excellent cuisinier et artiste à ses heures, les retrouvailles furent chaleureuses, le repas succulent et la journée magnifique.

Le lendemain, je recevais un mail de mon Didier : Cher Sébastien et *****, merci pour votre visite et votre amitié sans faille...

Comme si ça pouvait changer quoi que ce soit dans nos rapports, pensais-je. C'est là que je me suis souvenu d'une "réflexion" toute en finesse que j'avais faite quelques mois avant cela, à l'issue d'un repas dominical avec lui. J'étais alors passé en mode "balourd" option "routier macho" sur fond de rire bien gras et lâché un truculent : ce café, c'est pas un café de PD ! (Mais quand même, c'est vrai qu'il était costaud, ce café.)

J'ai eu honte, après coup.

Ce mail reçu de la part de Didier fut les dernières nouvelles que j'eu de lui. Avec le temps, il changea son numéro de téléphone et ses adresses mails et je perdis sa trace.

Le premier "homo" que j'ai rencontré et dont j'ai eu conscience de la sexualité, c'était au collège. Pas dans la même classe, nous discutions parfois le matin avant de commencer les cours. Puis un jour, il me raconta avoir fait un rêve érotique, lui avec un autre mec. Il me demanda si j'avais déjà fait ce genre de rêve.

- Ben, non...

Puis il continua, me faisant de lourdes allusions. Alors comme je suis pas trop con, j'ai fini par comprendre ! En fait, il voulait me brancher. Oui madame. Alors moi, essayant d'être le plus diplomate possible, je tentais de lui faire comprendre que j'avais bien compris mais que j'étais pas intéressé.

Puis à la récré, le même jour, alors que j'étais adossé à une colonne en pierre, il est venu vers moi et s'est collé contre mon torse. Et cette intrusion dans mon cercle d'intimité a provoqué une réaction assez violente de ma part. (Ceux qui me connaissent savent que ce n’est pourtant pas le genre de la maison.) Je lui ai ordonné de se pousser, j'étais à 2 doigts d'en venir aux mains. A partir du moment où j'avais dis "non", pour moi son comportement, c'était comme un viol.

Ma réaction n'avait rien d'"allergique" ou autre, vis à vis de son attirance manifeste à mon encontre, c'est le fait de sentir qu'on me forçait, qui m'a révolté. En dehors de ça, je n'ai jamais eu le moindre problème avec l'homosexualité. Pas plus qu'avec le communisme, par exemple.

Par la suite, j'ai donc rencontré Didier envers qui j'avais une réelle adoration. Un de mes cousins "par alliance", Daniel, que j'ai "retrouvé" il y a peu et avec qui j'ai toujours eu grand plaisir à être, est gay également. Fabrice aussi, un de mes collègues de bureau, qui est carrément plus un pote qu'autre chose. Pourquoi je parle d'eux ? Ben pourquoi pas ? Parce que je les "aime", tout simplement. Parce qu'ils font partis de ma vie, de prés ou de loin, qu'humainement chacun d'eux m'a apporté quelque chose de positif, parce qu'ils sont formidables, tout simplement.

L'aMour s'écrit avec un aiMe et sans haiNe. Les gays ne sont ni malades, ni pervers. Pas plus que les hétéros, les puceaux, les frustrés. Comme disait Albert Dupontel non sans humour, qui sommes-nous pour tourner le dos aux homosexuels ? Noir, blanc, gay, riche, roux, nous sommes tous frères, vivant sur la même planète et buvant la même eau. Ensemble.

Born to be, les gars. Born to be….

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