mercredi 18 avril 2007

Sans inspiration, un homme n'est rien.

Soyons lucides. Sans inspiration, pas d'élan. Pas d'élan, pas d'idées. Pas d'idées.... pas d'idées.

Sans inspiration, l'homme d'esprit est à bout de souffle.

Sans inspiration, Shakespeare.

(Hum.)

L'inspiration est à la spiritualité ce que l'encre est au stylo, ce que le tire bouchon est à la bouteille. Indispensable pour en tirer la quintessence.

C'est comme pour un Blog, finalement. Sans inspiration, un Blog n'est rien. Depuis que j'ai décidé d'avoir le mien, j'en consulte quelques uns au hasard de mon surf quotidien. Il en existe de toutes sortes. Certains uniquement consacrés à la mise en ligne de photos, d'autres aux textes bruts.

Un Blog, c'est comme un être humain. Y'en a des jeunes, des vieux, des beaux, des moches. Certains valent la peine qu'on s'y attarde, on se dépêche d'oublier certains autres. On tombe amoureux ou on déteste. Puis comme les êtres humains, le Blog à besoin des autres pour vivre. Pour avoir une raison d'être, pour justifier les efforts qui lui sont consacrés, il doit être lu, vu, vanté.

Le mien, aussi modeste soit il, n'échappe pas à la règle et c'est justement pour ça que je dois prendre des mesures. (Un jeu de mot s'est caché dans cette phrase.)

L'inspiration étant la base de tout, quand elle a lieu, j'expire ici tout ce qui en résulte. Alors, que ce que tu lis soit bon ou mauvais, ça dépend de l'air inspiré. Et si parfois j'ai l'air inspiré, j'aspire avant tout à te le faire croire puisque mon seul but est de te faire revenir ici sans en avoir l'air.

...

Bref.

Un homme inspiré, c'était Raymond Devos. Quelle imagination ! Et quelle connaissance des mots. Quelle maitrise et quel humour dans leur manipulation. Ce qui me plaisait énormément chez lui, c'était cette faculté d'avoir fait rire toute se vie sans jamais avoir été ni méchant, ni corrosif, ni vulgaire.

Je n'ai rien contre un peu de vulgarité, quand elle est utilisée à bon escient. En décalage. En rupture. Mais Raymond Devos n'en a jamais joué, son registre était celui de l'homme orchestre et si, de certains humoristes de maintenant on dit avec facilité qu'ils sont les nouveaux Coluche, de personne, jamais, on ne dira qu'il est le nouveau Raymond Devos.

Non pas que la comparaison ne soit pas élogieuse, mais n'est pas un maitre des mots qui veut. Et faire rire comme il le faisait est certainement bien plus difficile que de passer son temps à aller le plus loin possible dans la provocation.

La tendance est à la provocation, je le sais bien. Mais passé une certaine limite, ce n'est plus drôle. C'est juste lourd.

Je ne suis pas complètement de la vieille école pour autant. Si j'ai juste passé mon enfance à voyager avec les histoires de Raymond et à rire de celles de Coluche, je suis aujourd'hui un des plus grands fans de Bigard. (Et c'est justement pour ça que je serais "exigeant" avec lui sur la qualité de son prochain spectacle, tant j'ai été déçu par la teneur de sa prestation au Stade de France.)

La force de l'imagination de Raymond Devos, c'était quelque chose.

Mais si l'inspiration peut être comique, elle peut être salutaire. Celle d'un homme, un lointain ancêtre à nous, a décidé de l'avenir de toute l'humanité. Celui qui a décidé d'apprendre à maitriser le feu, mine de rien. Le début du confort dans nos styles de vie, ça a commencé par ça. Le feu à volonté.

Un gars de l'époque que nous appellerons Pierre trouva un caillou (j'aime beaucoup ce que je fais) cassé en 2. Un silex. C'est alors qu'il vit passer une jolie fille (édentée, du poil aux pattes et les cheveux en pagaille mais à l'époque fallait pas être trop regardant) que nous appellerons Lucie. (Tu as déjà du en entendre parler.)

L'histoire ne dit pas exactement pourquoi (une divine inspiration, sans doute) il décida de cogner ses 2 morceaux de silex l'un contre l'autre et une étincelle jaillie. (En fait, j'ai une théorie. Ne sachant pas siffler, il attira l'attention de Lucie en faisant du bruit avec ses silex.)

Une brindille poussée là par le vent rencontra l'étincelle et ce fut le coup de foudre, si je puis dire. Tous les amis de Pierre (qui n'avaient d'yeux que pour Lucie) sifflèrent d'admiration sur le passage de la grognasse (à l'époque, on parlait pas distinctement, on grognait) et leur souffle à tous vint éteindre la fameuse brindille. Pierre ne leur jeta pas la pierre (ok, j'arrête) mais n'en pensa pas moins.

L'air de rien, il reprit une inspiration (divine, donc) et cogna de nouveau les silex l'un contre l'autre. (Il avait le feu sacré, ce garçon.) La brindille reprit feu, fut de nouveau poussée par le vent et alla se nicher dans les replis de la culotte en peau de mammouth de Lucie. Elle ne le savait pas encore, mais elle avait le feu au cul.

L'inspiration est le souffle de la vie.

L'inspiration. Le souffle de la vie.

Raymond Devos a rendu son dernier souffle il y a peu, à plus de 80 ans.

Il n'y aura pas d'autre Raymond Devos, parce qu'il était et demeurera unique, tout simplement. Comme il le disait lui même : "Hé, ho ! Qui c'est l’artiste ?!"

"S'accompagnant d'un doigt, de quelques doigts,
le clown se meurt...
Sur un petit violon et pour quelques spectateurs...
Sur un petit violon et pour quelques spectateurs....
(air de violon)
Eteignez les lumières, puisque le clown est mort....
Eteignez les lumières, puisque le clown est mort....
Et vous, applaudissez, admirez son effort....
Et vous, applaudissez, admirez son effort...."

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