dimanche 8 avril 2007

Sur la route, toute la sainte journée...

Bonsoir, toi. Tu m'as manqué ;-)

Ce weekend, le Road-Movie a reprit ses droits. Avec ma Thelma/Louise imaginaire, nous avons quitté à l'aube notre hôtel perdu dans le désert du Névada en direction de la Californie à bord de notre Chevrolet rouge décapotable.

En réalité, la Thelma/Louise en question s'appelle Cédric, un ami antillais, l'hôtel en plein désert était mon appart de la banlieue parisienne et la Chevrolet rouge décapotable était en fait une 206 pourvue d'un moteur diesel. Mais la 206 était rouge, quand même. Puis la Californie, finalement, c'était la Belgique.

Tout est affaire d'imagination.

Weekend de Pâques à Bruxelles et à Bruges. Nous voulions voir si là bas c'était vraiment plus plat qu'ailleurs et accessoirement, si les frites étaient plus belles et les bières plus blondes.

Direction Bruxelles, donc. (Puis qui sait, peut être y croiserais-je Jean-Claude Van Damme. Je ne suis pas fan mais je suis comme tout le monde, il me fait rire)

Après un voyage sans histoire jusqu'au péage, je décide de me munir de ma carte bleue pour nous affranchir de cette taxe qui nous donnera le droit de poursuivre notre chemin sans être emmerdé par la police et accessoirement par la justice française en cas de passage en force et de délit de fuite dans une manœuvre désespérée pour nous soustraire à cette contribution forcée.

Et là, c'est le drame.

Pour une raison encore inconnue, alors que la veille j'avais fait un point de course (une brique de lait et du PQ, c'est pour dire) figure-toi que je n'avais pas rangé -comme je le fait pourtant systématiquement- ma carte bleue dans mon portefeuille...

J'avais changé de veste pour partir, mais complètement zappé ma carte....

Pour pouvoir manger et vivre pendant ces deux jours, nous allions donc devoir (comme dans un vrai Road-Movie) braquer une station service ou attaquer un couple de vieux sur une aire de repos.(ça court moins vite que les jeunes et ça roule beaucoup plus mal)

Le plan B consistait à traquer des mygales dans les forets lilloises mais on était vraiment pas chaud.

Heureusement, Thelma (Cédric, mon pote antillais) avait sa carte bleue. Le grand banditisme allait devoir encore compter sans nous pour le moment.

En gros après 3 heures de route, nous arrivâmes à Bruxelles vers 09 heures. Chouette, tout de suite une place pour se garer ! (Pardon monsieur ? Ici, on va se faire casser la voiture ? Surtout une étrangère ? Arf. Bon, ben, on va chercher une autre place alors.)

Un rapide tour du pâté de maison et c'est chose faite. La place dans la ruelle malodorante et hostile est devenue un emplacement de premier choix sur la place d'une église devant des commerces.

Nous allons donc enfin pouvoir arpenter cette ville inconnue à pied, comme les 2 rescapés de Guyane partant à l'assaut de leur jungle : sans carte et sans GPS. Même pas un couteau dans la poche, rien.

L'aventure peut commencer. Les premiers quartiers traversés ne nous emballent pas mais nous gardons confiance. Puis le soleil est de la partie, il nous mène tout droit (comme ça, d'entrée de jeu et par le plus grand des hasards) sur une petite attraction connue sous le nom de "mannequin pisse". (Manneken pise, avec l'accent.)

Devant ce petit exhibitionniste de bronze, 3 péquins admiratifs et en extase, puis Thelma et moi. Nous ne le savons pas encore, mais quelques heures après notre passage, des cars entiers de touristes s'arrêteront par dizaines (ou presque) pour vider des pellicules entières de photos sur le petit robinet bruxellois.

Nous reprenons notre marche en avant, traversant grandes places et autres superbes monuments mis en valeur par ce chaud soleil du nord. Notre premier véritable objectif est de débusquer le quartier des bâtiments Européens. Comme ça, pour voir.

Pour être certains de ne pas rater notre but, nous demandons notre chemin à un policier, au volant de sa camionnette.

- Moi : Bonjour, excusez moi, le parlement Européen, c'est bien par là ? (Doigt tendu dans une direction que je pensais être la bonne.)
- Lui : Heu, non.
- Moi : ...
- Lui : (rien)
- Moi : (j'ai toujours eu beaucoup de chance, moi...)

Un de ses camarades de patrouille qui réalise mon désarroi m'indique finalement la bonne route.

Quels cons ces belges O-o

Désolé amis Belges, c'était une pensée-reflexe, mais avouez que ce loustic m'a forcé la main...
Bref. Nous enquillons la rue de la Loi (c'est vraiment le nom de la rue) et découvrons les différents bâtiments européens, pour finir par le Parlement.

Et vous savez quoi ? La rue de la Loi... Elle est à sens unique. (Je vous laisse réfléchir là dessus.)

Bientôt midi, l'heure de récupérer la chambre d'hôtel. Nous rebroussons chemin et repassons fatalement devant le Manneken pise. Et là, stupeur. La rue est noire de monde. Des touristes dans tous les sens, des appareils photos en-veux-tu-en-voila focalisés vers la statuette incontinente. Quel succès ! Tout ça pour un bronze de 30 centimètres...

Nous récupérons la voiture (intacte) et trouvons l'hôtel après avoir emprunté le boulevard périphérique bruxellois. Le ring, comme ils l'appellent. On dépose nos sacs à la piaule et retour vers Bruxelles, mais par un chemin plus court. (Ben oui, arrivée sur la ville par le sud, l'hôtel est au nord-est, on allait pas se retaper tout le tour....)

Et c'est là qu'on s'est paumé.

Heureusement, une gentille mamie s'arrête alors que nous l'interpelons pour lui demander notre route. Elle parlait pas un mot de français et elle nous a servi à rien, mais bon... Elle avait de la chance que Cédric avait sa carte bleue, celle là....

Finalement, nous retrouvons notre route.

Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu
Avec un ciel si bas qu'il fait l'humilité
Avec un ciel si gris qu'un canal s'est pendu
Avec un ciel si gris qu'il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s'écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien


Alors que les nuages apparaissent, il commence à faire faim. Nous partons en quête d'un restaurant traditionnel où nous pourrons dévorer une bonne assiette de frites.

Et ben crois le où pas, mais à part des restaurants à touristes avec des copiés-collés de cartes et de menus, rien qui ne retienne notre attention. Et c'est pas faute de chercher... Le soleil disparait sous une Chappe de nuages gris et notre moral s'effrite. (ok, elle est nulle)

Parce que ça, des tables à 18 euros avec des moules-frites à toutes les sauces, y'en avait, pas de soucis. Mais une vraie bonne table Belge, digne de l'espoir que nous portions en nos cœurs, ben y'a pas eu moyen.

Pour la petite histoire, mon ex-belle-mère est belge. Et accessoirement portée sur la boisson. Surtout la bière. Et quand on discutait gastronomie, elle forçait son accent et lançait dans un gros fou-rire un sempiternel "ha dis, des moules et des frrrrrrrrrites, hein, des frites et des moules !"... (Honte)

Bon, le truc, c'est que si j'étais venu là avec elle, elle aurait foncé dans un de ces pseudos restaurants au hasard et au serveur qui serait venu lui demander ce qu'elle voulait, elle aurait répondu ça.

Et ça, on aurait pu refaire 10 fois l'expérience dans la même journée, ça partait à tous les coups. Puis surtout, il parait que les moules et les frites, c'est meilleur avec de la bière. Comme elle aimait beaucoup les moules, elle buvait beaucoup de bière. (Re-honte)

Mais bon, elle n'est pas venu avec moi et j'en profite pour souhaiter bon courage au mec qui a reprit le bail ^^

Pour en revenir à Thelma/Cédric et moi, nous échouons donc dans une brasserie. Pas d'assiette de frites à la carte, mais merde, on est en Belgique, c'est une évidence que si on en demande une, ils nous l'apportent....

He ben non !

- Ha désolé monsieur, mais nous ne faisons pas de frites....

Si on avait pas eu aussi faim, on serait partis ! Quel affront ! Une brasserie belge qui ne sert pas de frites ! Comme je disais à Thelma/Cédric, tu vas voir que pour bouffer des frites ici, va falloir aller au Mac Do !

He ben on a fini au Quick.

Nous avons tiré un trait sur Bruxelles, nous souhaitant plus de chance, de soleil et de frites sur Bruges. Nous reprenons le ring (nous étions The Lords of the Ring, là bas) et rentrons à l'hôtel.

Lendemain matin, petit déjeuner à l'hôtel. Pain à profusion (en miches et en tranches), biscottes, confitures, beurre, miel, chocolat, café, lait, thé, jus d'orange et de pomme, tout ce qu'il faut. A notre table, un couple de français. 50/60 ans.

- Elle : Y'a même pas de céréales...
- Lui : Ha, non....
- Elle : Y'a même pas de confiture d'orange....
- Lui : Ha, non....
- Elle : Y'a plus de beurre...
- Lui : Ha, non...

Quels cons ces français O-o

Direction Bruges !

Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l'est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien...

De la brume, ça, on en a eu sur la route de Bruges ! Limite brouillard, même. Arrivée sans encombre pour autant. Sur le chemin, nombre de voitures avec des portes-vélos sur le toit, ce qui nous rappelle que la Belgique n'est pas QUE le pays de la bière et des moules. C'est à se demander si de leur coté de la frontière, les voitures ne sont pas vendues en série avec ces galeries typiques.

Et là, stupeur.

La circulation se fige brusquement autour de nous, de chaque coté des badauds courent, se précipitent le long des trottoirs, se bousculent, se doublent et disparaissent hors de notre vue au delà de la marée de voitures qui nous bloque le passage. Dans les véhicules voisins de notre Chevrolet 206, les gens descendent et se barrent en courant, abandonnant là toutes leurs affaires ! Partout, c'est la cohue, des mouvements de foules indescriptibles, une agitation palpable, une tension insoutenable ! MAIS QUE SE PASSE-T-IL ?????

Une bombe ? Une invasion allemande ? Mars Attacks ? Indépendance Day ? Godzilla ? Tom Cruise ? Yvette Horner ? Jean-Claude ?

Pire que tout cela réuni.

Le tour des Flandres.

Nous sommes bloqués par une course cycliste. Et je peux vous assurer que les belges sont des grands fans. La ruée vers l'Or n'avait pas du déclencher une telle hystérie collective, en son temps.

Pour ce qui est de Bruges, une fois la circulation rétablie et que chacun retrouva un comportement sensé et rationnel, nous en fîmes la visite. C'est charmant, très différent de Bruxelles et c'est tant mieux. La Venise du Nord mérite son nom et elle nous a réconcilié avec la Belgique.

Vers
11.00, nous nous sommes installé à une terrasse au soleil et avons commandé un jus d'orange et un expresso. Superbe moment de détente, café délicieux et jus d'orange fraichement pressé servi dans un immense verre à pied. Cout total de l'opération : 10 euros cinquante.

Apres avoir réanimé Cédric (c'est lui qui payait, j'avais pas ma carte, rappelle toi) on a tenté de faire baisser le prix : Mais regardez, on a pas touché au sucre !!!!!

Rien à faire. Le belge est têtu.

Nous avons ensuite trouvé un très bon restaurant avec un menu à 17 euros (entrée-plat-dessert) ce qui nous a laissé encore plus perplexe sur le prix du jus d'orange consommé plus tôt.

Nous avons repris la route en ce dimanche de Pâques, sans avoir croisé sur ces 2 jours la moindre baraque à frites. C'est peut être juste typique dans notre Nord à nous autres, français.
Sur Bruxelles, nous étions passé devant 3 sex-shops. J'ai alors une pensée émue pour ces vendeuses pleines de sex-appeal vantant les mérites de leurs sexes à piles.

Pas de baraques à frites, mais des baraques à moules, donc....

(Amis de la poésie, bonsoir)

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Toujours aussi excellent !
j'attends encore la suite !!
ma coloc a du me prendre pour une demeuré en m'entendant m'esclaffer !
vivement ce soir!!!!!!

Anonyme a dit…

Excellent ,

Quel Talent

Il faut absolument la suite , je ne suis qu'a mon apero

Lynda

Unknown a dit…

Excellent début de compte rendu mon ami mais nos péripéties sont loin d'être terminé ... j'attends donc la suite

Jim "Ghost Dog" Carrey a dit…

Merci à vous trois !

La suite viendra zami mwen, mais je vais tacher de le faire bien ;-)

Content, que dis-je : Heu-reux que ça vous plaise !!!

Anonyme a dit…

J'ai vraiment pris plaisir à lire certains commentaires sur la Belgique, ou ces habitants, c'est selon...

En te lisant, certains souvenirs de mon "séjour" dans ce pays ont refait surface et m'ont fait sourire.

Vivement la suite...