mardi 3 avril 2007

Suis-je Ghost Dog ?

Bonsoir Public.

Alors que j'hésite encore à donner une suite à ce Blog ou voir la seconde 1/2 temps de Milan/Bayern Munich (1.0 pour Milan au moment où j'écris ces lignes), ce soir je me pose la question : Suis-je Ghost Dog ? Et surtout, qui s'en souci ? Et pourquoi ? Arf ?

Bref. Avec des si, on referait le monde et je ne me serais jamais marié. (Je suis divorcé mais on s'en fout)

Comme quoi, avec des "si", si on savait, on dirait plus souvent "non".

Qui est Ghost Dog, donc. Forrest Whitaker. J'adore ce mec. A tel point que son dernier film, je ne suis même pas allé le voir. Manque de temps. Défaut d'organisation. Avec 3 chats à charge, en même temps, faut faire des choix. Puis faut bien une excuse bidon pour masquer son incapacité chronique à gérer son temps de façon optimale, surtout.

Forrest. Un acteur américain pour ceux qui ne le connaitraient pas. (Honte à toi, Public, qui ne le connait pas) Sa filmo, bâclée par mes soins : La mutante, Phenomenon (mon favori) Ghost Dog, surtout. (Mon favori n°1, du coup)

J'aime sa retenue, sa pudeur, son regard malheureux, solitaire, résigné et doux à la fois. J'aime son aura, ce qui émane de cet homme. Par bien des aspects, j'aurais voulu être Ghost Dog. Un individu silencieux, effacé, discret, calme et plein de sang froid. J'aime l'atmosphère de ce film et le personnage de Forrest, guidé par ce code ancestral des Samouraïs. De nos jours, quel contraste... Et je suis un homme de contrastes.

Courageux dans ses résolutions et lâche dans leurs réalisations. C'est pas du contraste, ça ?

Comme tout le monde, je sais. Du moins la majorité d'entre toi, Public. (Oui, j'aime beaucoup Franck Dubosc)

(Si jamais il me lit -si, c'est possible- Franck, j'aime beaucoup ce que tu fais)

Tiens, une parenthèse. Y'a quelques mois, je suis sur les Champs Elysées avec ma copine (Chris, je t'aime), au Virgin plus exactement. Au rez-de-chaussée, je lève la tête à la recherche d'un dvd pas cher que j'aime bien, histoire de pas repartir les mains vides, et sur qui je tombe ?

Fred Diefental. Oui, Taxi. (Entre autre, parce qu'il a fait d'autres choses, quand même)

Au landau qu'il pousse, je comprends très vite qu'il est en famille. (Instinct, logique, déduction, j'étais en mode Ghost Dog à ce moment là)

Et là, le doute m'habite. Je l'aborde ? Ou pas ? Et si je l'aborde, je lui dis quoi ? Il est en famille, on est dimanche, il se promène pas peinard pour que le premier connard venu lui saute dessus.... Bon, en même temps, si je ne lui adresse pas la parole, il va passer et ce sera trop tard....

il passe devant moi.... Et là, la capacité de réaction de mon esprit m'a prit de court. Je te le refais.

"Bon, surtout ne pas lui dire la phrase bateau : J'aime beaucoup ce que vous faites ! C'est convenu au possible et à la portée du premier con venu. (J'aime aussi beaucoup ce que je fais)

Mais alors quoi lui dire ? Bonjour, moi aussi je suis une future star de cinéma mais vous ne me connaissez pas encore ? C'est quoi ton prochain film, y'a moyen que j'ai un p'tit rôle ? Je te laisse mon numéro et on en parle ? Mais pourquoi il le voit pas que j'ai un physique à faire du cinoche, moi aussi ? Pourquoi c'est pas lui qui vient me voir ? Tu veux que je te prêtes mes lunettes ?"

(Pendant ce temps là, lui, il avance toujours... et hop, il passe devant moi)

"Bon, Jim (J'étais repassé en mode Carrey, au cas ou) c'est le moment, improvise, fait des trucs ! (Je me lance, je respire, j'ouvre la bouche....)

-Heu... Monsieur Diefenthal ?
- Oui ? (Il baisse la tête, pudique, certainement inquiet de savoir pourquoi je l'accoste même si je ne doute pas qu'il ai déjà son idée sur la question)
- Heu... Je suis désolé de vous arrêter pour ça, mais.... (Vite, une phrase choc, magne toi le cul !!!!! T'as l'air con, là !!!!!) Heu, Voila, je suis désolé mais je suis très ému.... J'aime beaucoup ce que vous faites !
-Ho... (Il relève la tète et me regarde) Merci beaucoup ! (Et il me tend la main pour me la serrer)"

Oui, je sais. Pitoyable.

A ce moment là du Blog, si tu es encore là (merci, au fait) je comprends même que tu t'en ailles.

Mais bon, on ne rencontre pas un mec connu tous les jours. En tous cas, pas dans la catégorie d'humains à laquelle j'appartiens.

Là, j'aurais aimé avoir l'assurance et le recul de Ghost Dog. Avec tout son recul à lui, p'tre même que je l'aurais pas abordé du tout. Un simple regard entre nous aurait suffit. Ou alors, avec un peu plus de spiritualité (1 partout entre Milan et le Bayern) je ne me serais même pas arrêté. Les choses de peu d'importances doivent être traitées avec gravité et les choses importantes doivent être traitées avec légèreté. Telle est la voie du Samouraï.

Et ce n'est pas manquer de respect à Fred.Diefenthal que de dire cela, mais c'est vrai. Nous ne sommes pas du même monde et malgré toute l'estime que je lui porte, si cette rencontre n'a pas eu d'impact dans sa vie, elle n'en eu pas d'avantage dans la mienne. (Penalty pour Milan, 2.1)

Ghost Dog. Un tueur à gages vivant sur un toit que j'imagine dans la banlieue de New York City.
Il vit de spiritualité et de méditation, en compagnie d'une flopée de pigeons voyageurs. Son code de l'honneur est calqué sur les principes de vie des Samouraïs du Japon Antique. Il se déplace sereinement, se fondant dans les rues, à l'insu de tous. Plus invisible que discret, il est une ombre parmi les hommes sur la voie du Samouraï.

Pourquoi cette volonté chez moi d'être parfois invisible, comme lui ? Cette force tranquille qui émane de lui, pourquoi me fascine t'elle autant ? Parce que probablement, j'aurais aimé affronter certains moments de ma vie avec ces facultés transposées à l'écran.

La fiction projetée sur grand écran aide à fuir le quotidien. En Ghost Dog, je pourrais donc fuir, ou du moins ne plus subir certains épisodes du passé.

Tentant.

Mais si j'aspire à être Ghost Dog, je réalise alors que je ne suis pas lui. Quand je pense qu'il m'aura fallu un Blog pour prendre conscience de ça O-o

Pourtant, je m'efforce de prendre un peu de lui, dans la démarche, dans la décontraction, dans la façon d'être. Mais avoir des pigeons voyageurs avec 3 chats à la maison, c'est injouable.

Puis je ne suis pas sur que ma copine assimile bien le fait que c'est pour mon équilibre mental. Sans oublier (égalisation du Bayern) que les crottes de pigeons sur de la moquette, ça le fait moyen.

Je serais donc plutôt Jim Carrey, alors.... (Quel suspens insoutenable)

On en reparle demain, le temps que toi et moi nous remettions de nos émotions !

Bonne nuit à toi, Public ^^

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